Tiens Tintin, reprend donc un verre de Savagnin!

On est pas bien là, Tintin, avec ces dix bouteilles de vins du Jura sous le nez?

Tu connais pas le Savagnin? Tu verras, le Savagnin, c’est bien.

En résumé hashtag: #noix, #pomme, #acidité, #fraîcheur, #garde, #matière, #persistance, #fuckinggood.

                Petit rappel à destination des béotiens

(soit beaucoup de monde, avec le savagnin, et c’est bien logique. Mais dommage).

Mais qu’est-ce donc?

Le savagnin est LE cépage jurassien (pour la rime, je ne fais pas tout le temps exprès…).
Originaire du tyrol autrichien (désolée…), il s’est un jour échoué sur les rives des falaises jurassiennes et y a produit de fort jolis nectars, étant donné qu’il affectionne les sols marneux, qu’il supporte assez bien le climat du coin qui n’est pas franchement des plus chaleureux (malgré certains terroirs protégés des vents glaciaux, mais enfin ça reste tout de même la Franche-Comté…), et qu’en plus, il est intrinsèquement aromatique, lui offrant un beau potentiel de veillissement.
Et grain de raisin sur le comté, sa peau épaisse le rend assez résistant à la maladie et la pourriture grise.

Au rayon géographie et appellations, le Jura se répartit entre les appellations Côtes-du-Jura (la plus vaste), Arbois (principalement producteur de vins rouges, mais aussi de vins jaunes et de vins de paille), L’Etoile (chardonnay majoritaire en blanc) et Château-Chalon (qui produit les vins jaunes les plus remarquables et pouvant vieillir pendant un siècle…!).

Si vous ne savez pas par laquelle commencer, indice: « le vin d’Arbois, plus on en boit, plus on va droit ».
(ça n’engage que la sagesse populaire, cette affirmation n’étant évidemment pas de mon cru…:)).

Et ça donne quoi, et où?

Des vins typiques. Dans le Jura. Ok.
Mais s’il est fatalement présent en appellation Côtes-du-Jura, c’est le roi incontesté des AOP Arbois et Château-Châlon, qui produisent vins jaunes et vins de paille.
Car si le Jura produit la sainte trinité du rouge du blanc et du rosé (avec des cépages peu connus aussi du grand public pour les vins rouges, tels que le poulsard et le trousseau), la région est surtout réputée pour ces deux types de vins extrêmement typiques et reconnaissables.
Les vins jaunes sont élaborés sous voile: après fermentation alcoolique et durant la phase de vieillissement en tonneau, des levures se développent et forment un voile à la surface du vin, au contact de l’air ambiant.
Cet élevage confère au vin des arômes de noix et une grande longueur en bouche.
(NB: les vins de Xérès sont élevés de cette manière).
Les vins de paille quant à eux sont issus de raisins passerillés: après les vendanges, les raisins sont mis à sécher pendant six semaines soit sur un lit de paille, soit sur des claies, soit suspendus, dans un local bien ventilé.

 

                                  Banc d’essai!

Ce qui nous frappera lors de cette dégustation, composée de huit candidats (et deux outsiders qui ne seront pas notés), c’est la très grande cohérence entre eux. La trame aromatique se retrouvera d’une bouteille à l’autre, ainsi que les caractéristiques majeures.

Les arômes de pomme et de noix seront systématiquement au rendez-vous, ainsi qu’une acidité marquée (mais typique de ces vins), et une matière en bouche qui ne laisse personne frustré.

Jean-Louis TISSOT ouvre le bal avec son Arbois de 2012, qui offrira un nez sur la pomme et le marc d’eau-de-vie, accompagné d’une bouche fraîche autour de la pomme et la noix (sur laquelle sera la finale). La matière est bien présente, assez grasse, mais jamais lourde.
Un joli début: il se classera 2è sur le podium final.

arbois dugois

On reste en AO Arbois avec le domaine Dugois en 2001, avec un nez classique de pomme et de noix mais plus souple et plus fondu que ceux des autres bouteilles de la soirée (et une étiquette disons… historique ;))
La bouche est classique de l’appellation, soit portée par une trame acide mais accompagnée pour le coup d’une certaine douceur, et d’une longueur amoindrie par rapport aux autres.
Certains convives ont décelé une note de cuir en finale.

On enchaîne, toujours en Arbois, avec une bouteille de 1988 issue de la cave de Saint Vernier. Le nectar est trouble, le nez fumé sur la noix et la bouche présente moins d’acidité que les collègues, tout en conservant une jolie fraîcheur. Il paraîtrait que les arômes seraient en train d’accuser un ramollissement de vieillesse, personnellement cela ne m’a pas choquée, voire même je l’ai trouvé très agréable (en même temps, quand les vieux vieillissent bien, c’est souvent le cas…).arbois 88

grand 2009

 

Le domaine GRAND suit, avec un millésime 2009 en Côtes-du-Jura. Le nez sera plus marqué sur la noix que le précédent, et la bouche se fera plus légère et plus acide.

S’il reste agréable, il ne nous transcendera toutefois pas pendant des heures.

Alain Dumas, en Côtes-du-Jura millésimé 2004, nous propose un vin agréable, plus proche d’un vin blanc que l’on peut connaître par ailleurs, c’est-à-dire avec une typicité du Savagnin qui ne prend pas toute la place.
La trame acide est bien présente , les arômes sont plus légers mais la finale sur la pomme est plaisante.

Suit le domaine Montbourgeau en AOP de l’Etoile (2002), qui présente une robe bien dorée. La finale de noix explose et la longueur est persistante, mais la bouche réserve quelques surprises: après une entrée fracassante, il devient presque léger, et la longueur s’atténue (mais on garde quand même une persistance aromatique de bon aloi).etoileEn cohérence avec les autres, la trame acide est toujours là, ainsi qu’un nez pomme/noix.
Cette bouteille remportera la médaille de bronze de la soirée.

claudine 95

La cuvée Claudine d’Alain Dumas en Château-Chalon de 1995 nous offrira sans doute le plus joli nez de la soirée: souple, équilibré, avec des notes confites et florales.
L’acidité sera un peu trop présente à mon goût, bien que n’ayant rien d’alarmant.

On termine la compétition avec le domaine Berthet-Bondet, en Côtes-du-Jura de 1999.
Les derniers sont toujours les premiers, la preuve par l’exemple! Il se classera premier.
Le nez est plaisant et représentatif de l’appellation, avec quelques notes florales qui donnent des airs de jardin de printemps au duo pomme/noix.
La bouche est délicieusement fraîche et grasse en même temps, et présente de jolis tannins, allongés dans une belle longueur et une persistance qui ne nous trahit pas.berthet bonder 99

Concernant les deux outsiders de la compète, il s’agissait du vin jaune de la coopérative de Voiteur de 1986, très cohérent et plus nerveux que les précédents, et d’un Savagnin d’Henri Maire de 1978, aux tanins super fondus par le temps et une finale fumée doublée d’une jolie longueur: jolie fin de parcours!

 

              Et je mange quoi, avec tout ça?

Ben oui, du comté, bien sûr.
La cancoillotte? Ca marche aussi, selon la bonne logique toujours valable pour être sûr de faire bonne chère de « on se marie dans la paroisse ».
Cela dit soyons fous et tentons l’expatriation chez les camarades savoyards, et associons un savagnin à une fondue, cela devrait égayer les soirées d’hiver.
Mieux : le rejeton des gastronomies montagnardes: une morbiflette.
Et ouais.
(et tellement plus drôle à dire après quelques verres de savagnin).
Et donc pas très loin, la saucisse de Montbéliard ou de Morteau sera contente de retrouver son voisin le savagnin.

Hors du rayon jurassien, les plats épicés seront les bienvenus: curry d’agneau, émincé de volailles au curry, colombo de poulet…
Les viandes blanches sont au top aussi en version plus campagne française: poularde aux morilles, etc.

Donc globalement, tout ce qui est avec ou à base de comté (gougères, tartes, soufflé): on peut y aller.
Les viandes blanches: let’s go itou: poulet, porc, volaille en tout genre.

Et pour une soirée 100%: un coq au vin jaune et aux morilles!  (dans ce cas invitez moi… et pour la morbiflette aussi ;)).

 

 

 

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