Champagne!

Pour cette dernière dégustation de l’année 2014, le Champagne est à l’honneur, et sans racisme aucun: blanc de blancs (100% chardonnay, cépage blanc) et blanc de noirs (assemblage composés de pinot noir et/ou meunier, cépages rouges, et chardonnay) sont les guest stars de cette soirée qui s’est révélée plus festive que les autres, confirmant que les bulles du champagne libèrent de l’euphorie à qui les boit.

 On commence par les blancs (de blancs)

Les blanc de blancs ont ouvert le bals et les six premiers concurrents ont envahi la piste.
Fred Estel, avec ses « Petits pieds d’Emma » (2008) (env.30€), a joué la partition du fruit en premières notes, avec une jolie pomme, clairement Granny Smith.
Il joue à l’équilibriste et réussit à l’imposer en bouche, bien qu’on l’aurait aimé accompagné de plus de minéralité.

Suivent Pertois-Lebrun (env.20€) avec son grand cru et André Robert, millésimé 2000 (env.25€).
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Pertois impose au nez de la craie, puis des notes plus fruitées, toujours sur la pomme, puis offre une jolie longueur en bouche, libérant toutefois une certaine amertume en finale.Photo 018

André Robert fera monter le classement d’un coup, grâce à des notes beurrées enveloppées dans une belle fraîcheur qui la sublime en même temps qu’elles se contrastent, le tout suivi par une bouche qui développe l’abricot en conservant une patine briochée, sans s’essoufler sur la longueur.

Il se classera 1er des 12.

J’attendais la maison Jacquesson avec impatience, et nous voilà maintenant face à son grand cru, récolte 2000, Avize (env.70€)
Photo 026
Nous nous attendions au meilleur, peut-être un peu trop.
Le nez était plutôt prometteur, à la fois fleuri tirant sur l’aubépine, et fruité, ce qui fait que Jacquesson figure parmi mes préférés de Champagne.

Mais la bouche se fait un peu décevante, avec une acidité en finale (qui arrive vite…), qui ne flatte pas l’unique arôme qu’elle présente, et qui se sentait déjà bien seul.

On tente une consolation dans les bras de Pierre Moncuit, Cuvée Nicole Moncuit, Grand cru de 1990.
Le réconfort est immédiat, malgré un nez de poussière assez présent, grâce à Photo 024une très belle longueur qui s’étire sur des arômes beurrés qui adoucissent nos palais.
H
élas, ce champagne ne résistera pas à l’attente du deuxième tour, et ses arômes auront disparu, ne laissant que le liquide vide.

Et du côté des blancs (de noir)?

image (3)

C’est parti avec un Gosset brut grande réserve.

Le nez est fleuri mais il se révèle assez vite trop sucré.
Ce qui n’est pas désagréable, mais cela simplifie les arômes par rapport à ses concurrents et nous flatte sans nous forcer l’admiration.

image (4)

Revient Jacquesson avec la cuvée 733 (pas de millésime affiché chez Jacquesson, mais un numéro de cuvée par an. Ici, 2005).
Le nez tourne autour de la pomme mais aussi de quelques notes fleuries, la bulle est très légère, c’est extrêmement fin en bouche et la longueur est au rendez-vous.
Une très jolie bouteille, qui ne déçoit pas les fans de la maison.

image (2)Arrive Heidsieck, millésime 2000 (env.50€), sympathique mais avec un nez crayeux, et souffrant de réduction.
On ne sera pas emballé, mais ça tombe bien car on finira en beauté avec Philipponnat, sur un brut de 2008.
Le nez présente lui aussi des notes fleuries, enrobées dans des notes beurrées qui subliment le tout.
La bouche est à la hauteur avec la plus grande complexité aromatique de la soirée, et une belle longueur.
The winner is Philipponnat!image (1)

Et en sus….

Le champagne, c’est comme partout, il y a du bon, et du moins bon.
Et cela se classe aussi selon un système de cru, la Champagne en comptant 17 qui se hissent au titre de « grand cru »:
– pour la montagne de Reims: Ambonnay, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Louvois, Mailly-Champagne, Puisieulx, Sillery, Verzy, Verzenay;
– pour la Vallée de la Marne: Aÿ, Ambonnay, Tours-sur-Marne, Louvois, Bouzy;
– pour la Côte des blancs: Avize, Oger, Cramant, Chouilly, Le Mesnil-sur-Oger, Oiry.
Mais en tout, on compte 294 crus.

 

D’accord, mais si je veux en profiter autrement qu’à l’apéro ou au dessert,
je fais quoi?

Non, le champagne n’est pas destiné qu’à l’apéritif et au dessert, et oui, on peut faire tout un repas accompagné de champagne,  à condition de les varier (pas de vieux millésimes tout du long…), et de ne point en abuser (les bulles finissent par appuyer sur le palais).

Si l’on suit la chronologie d’un repas, en partant de l’apéritif, les jeunes blancs de blancs seront les premiers à être servis, en raison de leur légèreté et de leur fraîcheur, qui ne nuira pas à la disponibilité de vos papilles pour la suite, et qui s’appréciera sans compagnie culinaire.

Pour les entrées comme les plats, si la mer est à l’honneur, alors un champagne brut (blancs de blancs mais aussi blancs de noirs) seront privilégiés.
Langoustines, Saint-Jacques, pétoncles, écrevisses, homard, et bien sûr le caviar, se marieront parfaitement avec l’effervescent.
Pour les poissons, comme la sole, le turbot, le haddock, ok pour un accord champenois, à condition de les accompagner avec une sauce anisée ou avec des herbes.
Si vous partez sur de la viande, oubliez la légèreté des blancs de blancs et plus généralement de toutes les bouteilles trop jeunes, pour les servir avec de vieux millésimes. Mais lorsqu’on parle de viande, il s’agit surtout de volailles blanches, d’agneau, de lapin et de veau.

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